Météorologie
Prévisions météorologiques à court terme
Les habitants du Minervois ont appartenu à une civilisation agro-pastorale. Leur travail dépendant presque totalement des conditions atmosphériques, ils étaient tributaires du temps. Aussi nous ont‑ils laissé de nombreux proverbes météorologiques.
Désireux de connaître l'avenir, ils émettaient sans cesse des hypothèses sur le temps qu'il allait faire. C'est en fonction de leurs prévisions qu'ils agissaient. S'ils prévoyaient de la pluie, ils rentraient le troupeau ou abandonnaient le labour. A partir d'une connaissance sensible de la réalité, ils cherchaient à interpréter le temps. Ils examinaient les phénomènes de la nature à des endroits et des moments précis et si, à chaque fois, ils remarquaient les mêmes résultats, ils établissaient alors des règles. Leur raisonnement, au départ empirique, prenait l'aspect d'une certaine vérité grâce à la forme proverbiale qu'ils lui donnaient ensuite.
Le proverbe météorologique peut être formulé différemment. Il prend l'allure :
- d'une constatation (444) (445) (446) (447)
- d'une prévision (397) (398) (399) …
- d'une prescription (398) (409) (411)
Cependant, dans les trois cas, il y a désir d'interpréter le temps. C'est à l'aide de repères tels que l'arc-en-ciel, la lune, le soleil, les nuages ou encore les éclairs que l'on procède à cette opération. En outre il existe, très souvent, un repérage local qui, pour la région étudiée, est le suivant :
A côté de ces proverbes locaux, on en rencontre de plus généraux, applicables à n'importe quels lieux. À la suite d'un examen plutôt schématique de la réalité, on avance certaines hypothèses. Le raisonnement a pour fondement plusieurs points de repère. On se fie :
- au ciel et à sa couleur : c'est vers le ciel que l'on dirige, en premier, son regard. Il est très riche en renseignements. Le rouge semble être la couleur jouant le rôle le plus important. Différents avis sont émis quant à sa signification : pluie ou vent pour certains (397), beau temps pour d'autres (398) (399), chaleur ou pluie selon que la portion rouge est située au Sud ou au Nord (400).
- à la brume : elle est toujours un signe de chaleur (401) (402).
- au soleil : Il est observé à son lever (403) et à son coucher (404).
- à la lune :
- Entourée d'un halo, elle indique qu'il va pleuvoir (405) (406) (407).
- Si le premier croissant apparaît un mercredi, c'est un mauvais présage (408).
- Certains pensent qu‘'il ne faut pas se fier à son jour d'arrivée mais au mercredi qui le suit (409), ou bien au cinquième jour (410) ou encore au troisième jour (411).
- aux vents :
- à l'arc-en-ciel : il a donné naissance à de nombreux proverbes. On distingue l'arc-en-ciel du soir (422) (423) (424) de celui du matin (420) (421) (426) (427).
- aux éclairs et au tonnerre : les éclairs qui ne sont pas accompagnés de coups de tonnerre annoncent la chaleur et le tonnerre non précédé d'éclairs annonce le froid (428) (429).
- La venue du rossignol près d'une maison indique l'arrivée du froid (430).
- Le chant du merle suivi de celui de la grive présage du mauvais temps (431).
- Si le merle siffle de bon matin (432) ou si les martinets sont arrivés (433), l'hiver est fini.
- Lorsqu'on entend le cri de la chouette (434) ou celui du pivert (435), le vent ou la pluie sont prévus.
Le calendrier météorologique de la semaine
Des conclusions spécifiques sont tirées à la suite de phénomènes constatés plus précisément durant les jours de la semaine. On établit une relation entre :
- le temps général et les jours : le jour le plus instructif semble être le vendredi (436) (437) : il est le jour le plus mauvais. Quant au samedi, il est toujours ensoleillé(143).
- les vents et les jours : on observe le marin du lundi (438) et celui du vendredi (441) ; l'autan du jeudi (439) et celui du samedi (440).
- le temps et les messes du dimanche : ces messes sont souvent prises comme point de repère pour établir les prévisions météorologiques de la semaine (440) (441) (442) (443).
Le calendrier météorologique annuel
Les mois de l'année et certains jours fatidiques sont l'objet de diverses interprétations du temps. On observe le temps à des époques déterminées car elles annoncent des phénomènes dont l'effet et la durée sont toujours les mêmes. C'est ainsi que fonctionne le système du comput divinatoire. Nous avons pu remarquer que les mois et les jours les plus symboliques sont :
- le mois de janvier : mois du froid (444).
- le mois de février dont la neige est réputée pour ne pas durer longtemps (445), (446) (447).
- la Chandeleur (le 2 février) marquant le début ou la fin du froid suivant qu'elle est ensoleillée ou non (449) (450) (451).
- le jour des Rameaux.
Les habitants du Minervois ont l'habitude de dire que :
- le mois de février ne donne pas lieu à d'importants phénomènes météorologiques, à la différence du mois de mars (454),
- au printemps, il pleut le matin et le soir tout est déjà sec,
- le temps qu'il fait le jour des Rameaux est une préfiguration du temps de l'année entière (463) (464) (465) (466),
- le temps qu'il fait le jour de la Saint Médard (le 8 juin) est très significatif (477) (478),
- pour la Saint Michel (le 29 septembre) le froid approche et pour la Saint-André il est là (481),
- au fil des jours, l‘hiver prend rigueur :
- Pour la Saint Luc (le 18 octobre), la neige est sur le sommet de la montagne.
- Pour la Toussaint, elle se trouve dans les champs.
- Et voilà que pour la Saint-Martin (11 novembre), elle est sur le chemin (482).
- pour la Sainte Catherine (le 25 novembre), l'hiver approche (483),
- si l'hiver n'est pas là à la date habituelle, il ne faut pas trop se réjouir car, tôt ou tard, il arrivera (484),
- à Toussaint, le lièvre se promène dans les champs, mais à Noël, en raison du froid, il s'approche des maisons (486),
- s'il fait beau à Noël, il fera froid à Pâques (488) (489).
Prévisions à long terme
Il s’agit de l’action du temps sur les prochaines récoltes.
Le paysan du Minervois, toujours inquiet pour ses récoltes, cherche sans cesse à connaître l'avenir, Il essaie de deviner si la récolte sera bonne ou mauvaise en se fiant, le plus souvent, au temps qu’il fait à certains moments de l'année.
En règle générale, les prévisions sont établies pour une période éloignée de plusieurs mois. Les jours de certains saints et fêtes religieuses sont l'objet de recherches divinatoires. Diverses croyances se rapportent plus précisément au jour de Noël que l’on trouve très souvent cité dans les proverbes. Parfois, les prévisions nous renseignent sur la valeur de l'année toute entière :
On aura une bonne année de récolte à condition :
- qu'il pleuve le jour de la Chandeleur (505) (506) (507),
- qu'il tonne en mars (506) (507),
- mais l'année sera encore meilleure s'il tonne avant le mois de mars disent les uns (506), s'il tonne en avril disent les autres (507).
On aura une mauvaise année de récolte si :
- l'année est trop pluvieuse (497),
- il s'agit d'une année ayant produit beaucoup de foin (499). Dans ce cas, on ne se fie plus au temps mais à une autre récolte,
- il pleut le jour de la Saint Victor (21 juillet) (515),
- il pleut le jour de la Saint Médard (8 juin) (516).
- il neige en février (502),
- il tonne en février (504),
- il tonne en mars (509),
- le mois de mars est sec et beau (510),
- le raisin naît en avril (513),
- il pleut au mois d'avril (514).
- il tonne en février (503),
- il tonne en mars (508),
- il pleut à Pâques (511) (512),
- la nuit de Noël est obscure (518),
- l'année en question a donné une bonne récolte d'amandes (498).
Le plus fréquemment, les prévisions se rattachent à une récolte spéciale : il arrive très souvent qu'elles se contredisent, étant l'écho de points de vue différents ou bien concernant chacune une région particulière. L'important est que l'évocation de ces récoltes / vendanges ou moissons nous instruisent sur le genre de cultures caractérisant le Minervois. Nous avons affaire à une polyculture de vignes et de céréales.
La vendange sera bonne si :
La vendanges sera mauvaise s'il tonne en janvier (500) (501).
La moisson sera bonne si :
La moisson sera mauvaise si :